L’histoire d’un groupe et celle de sa carrière dans le monde de la musique n’est jamais véritablement constante. Il y a ces groupes qui flirtent tout de suite avec le succès et remplissent des stades sans qu’on comprennent toujours la raison d’un tel engouement. Et il y a ces autres groupes qui resteront toujours dans l’ombre quand on devrait les voir tout en haut des podiums.

Pas de chance ? Mauvais endroit, mauvais moment ? Quoi qu’il en soit, Thirteen Senses fait partie de ce deuxième groupe malchanceux.

Je n’avais plus entendu parler d’eux depuis leur second album “The invitation” qui a donné lieu à un mini-hit avec le titre “Into The Fire”. C’était il y a 10 ans déja et je dois admettre que c’est un pur hasard si je suis tombé aujourd’hui sur ce nouvel album. A cette époque, Coldplay était sur toutes les bouches, et Travis faisait déja de l’ombre à notre groupe.
Par la suite, les albums suivants de Thirteen Senses passèrent un peu à la trap et le succès quasi inexistant m’éloignat de ce groupe comme beaucoup d’autres alors même que leur quatrième album “Crystal Sounds” reçu d’assez bonne critaique.

C’est avec beaucoup d’appréhension que je décidais de me lancer dans l’écoute de ce quatrième album. Un ami m’en avait parlé comme d’un ovni et ne tarissait pas d’éloge sur les 10 titres qui composent ce disque.
La première impression qui domine, c’est la présence imposante de morceaux ou l’instrumental fait la part belle aux vocals. L’album débute avec “A Brief History” et ses 2.57 min de corde et de piano. Un morceau qui flirt avec un post-rock qui aurait subit une cure de poésie lyrique. Il faut patienter encore dans “Stars Make Progress” que la voix mélancolique de Will South sorte de sa cachette le temps de nous conduire jusqu’à la deuxième partie du titre et de nous laisser à nouveau avec ce superbe couple guitare/piano. Un moment incroyable sur un titre progressif.

Suit ensuite le titre éponyme de l’album qui révèle toute la force et la sensibilité du chanteur dans un morceau puissant, mélancolique et définitivement superbe. La pièce maîtresse de cet album. Les petites parties “Lost” et “The Hour” qui entament la deuxième partie de ce dernier opus évoluent doucement pour mieux nous préparer à l’immense “In Lunar Light” et son instrumentale magnifique et envoutant. C’est seulement dans “Gathered Here And Stranger“, que Will South pose un chant presque synphonique avant de laisser encore une fois un piano lyrique nous conduire jusqu’au superbe “Here And Now” et “Waves“. On a juste le temps de reprendre notre souffle qu’arrive “In Time” qui vient ici fermer cet album de façon magistrale dans une longue instrumentation timidement parsemé de vocal calfeutré.

On est loin de ceux à quoi on pouvait s’attendre avec Thirteen Senses et ce “A strange Encounter”. C’est un peu l’album qui révèle tout le génie de cet incroyable groupe. On a droit ici à un album aux mélodies aériennes, envoûante squi nous balladent pendant presque 40 min dans une mélancolie diablement addictif. Et c’est ce qui rend la chose encore plus difficile à avaler quand on sait qu’il s’agiti ici du dernier album de Thirteen Senses qui a annoncer sa séparation quelques mois après la sortie de leur dernière production.